Désosser et parer
Jambon désossé, sans glandes ni gras intermusculaire épais. Séparer les muscles pour une tranche nette.
Ici le résultat est dans le rendement, et le rendement est dans la saumure. L’écart entre un jambon à 115 % et un à 130 % n’a rien de magique : c’est du calcul, du barattage et du contrôle de température.
| Composant | Quantité | Pourquoi il est là |
|---|---|---|
| Eau froide (0 – 2 °C) | ~78 L | Une saumure tiède ruine la microbiologie avant même de commencer. |
| Sel | 9 – 12 kg | Calculé pour laisser 1,8 – 2,2 % de sel dans le produit fini. |
| Phosphates | 3 – 4 kg | Le moteur de la rétention d’eau. Toujours dissous en premier. |
| Sel nitrité (6,25 % de nitrite) | 1,2 – 1,6 kg | À ajuster pour ne pas dépasser la limite du pays de vente. |
| Sucre ou dextrose | 2 – 3 kg | Adoucit le sel et nourrit la couleur. |
| Érythorbate de sodium | 0,5 kg | Accélère la réaction de salage. |
| Protéine de soja isolée ou caséinate | 3 – 5 kg | Retient l’eau injectée pendant la cuisson. |
| Carraghénane | 0,5 – 1 kg | Gélifie à chaud et augmente le rendement. En excès, texture caoutchouteuse. |
Jambon désossé, sans glandes ni gras intermusculaire épais. Séparer les muscles pour une tranche nette.
De 20 à 30 % du poids de viande selon le rendement visé. Aiguille fine et pression modérée : une pression forte déchire la fibre.
8 à 16 h en cycles intermittents (20 min de travail, 40 de repos), toujours à 2 – 4 °C. Le barattage extrait la protéine et répartit la saumure.
12 à 24 h au froid. Le salage a besoin de temps, pas seulement de mouvement.
Pressé en moule ou poussé en boyau. Le vide du moulage supprime les cavités.
Paliers ascendants jusqu’à une eau à 78 – 80 °C, cible 70 – 72 °C à cœur.
Choc d’eau froide et chambre à 0 – 2 °C avant démoulage. Démouler chaud déforme la pièce.
| Point de contrôle | Valeur |
|---|---|
| Injection courante | 20 – 30 % du poids de viande |
| Température de barattage | 2 – 4 °C, sans exception |
| Température cible à cœur | 70 – 72 °C |
| Rendement commercial | 115 – 130 % selon la catégorie |
| Perte à la cuisson | 4 – 8 % du poids moulé |
La moitié du métier consiste à lire le défaut. Voici ceux qui reviennent toujours.
| Ce que l’on voit | Ce qui l’a causé |
|---|---|
| Rend de l’eau dans l’emballage | On a injecté plus que la protéine ne pouvait retenir, ou le barattage a été trop court. |
| Cavités et tranche irrégulière | Air piégé au moulage, ou barattage insuffisant pour souder les muscles entre eux. |
| Zones grises au centre | Saumure mal répartie : aiguille bouchée ou injection irrégulière. |
| Goût métallique | Excès de phosphate, ou phosphate mal dissous resté en grumeaux. |
Cela dépend de la protéine ajoutée et du système gélifiant. Au-delà de 35 % sans protéine fonctionnelle, le produit exsude dans la barquette, et l’acheteur le voit avant de goûter.
Un travail continu échauffe la viande par friction et dénature la protéine que l’on cherche justement à extraire. Les cycles de repos laissent la saumure migrer et la température se stabiliser.
Il extrait moins de protéine et n’élimine pas l’air : la tranche présente plus de cavités. Acceptable en entrée de gamme ; pas pour un jambon à tranche nette.
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