Hacher très froid
Viande à −2 °C et gras à −5 °C. La coupe doit être nette : grain défini, pas de pâte.
Le produit sec n’est pas cuit : il est stabilisé. La sécurité ne vient pas de la chaleur mais de trois barrières qui doivent tomber dans l’ordre — pH, activité de l’eau et nitrite. Si l’une arrive en retard, le lot est un risque.
| Composant | Quantité | Pourquoi il est là |
|---|---|---|
| Porc maigre | 65 – 70 kg | Maigre trié, sans tendon ni ganglion. La viande PSE ne convient pas : elle ne retient rien et exsude. |
| Bardière | 25 – 30 kg | Ferme et bien froide. Un gras mou s’étale et bouche les pores : le salami ne sèche pas à cœur. |
| Sel | 2,6 – 2,8 kg | Plus élevé que dans les cuits : ici c’est une barrière, pas seulement du goût. |
| Sel nitrité | 0,25 kg | Nitrite, et pour les longues maturations aussi du nitrate comme réserve lente. |
| Dextrose | 0,6 – 0,8 kg | C’est le carburant de la fermentation. Sans sucre disponible, le pH ne descend pas. |
| Ferment | selon fournisseur | Lactobacillus sakei ou curvatus (acidifient) + Staphylococcus carnosus ou xylosus (couleur et arôme). |
| Poivre, ail, vin | 0,3 – 0,6 kg | Profil selon le style. |
Viande à −2 °C et gras à −5 °C. La coupe doit être nette : grain défini, pas de pâte.
Mélange court. Le ferment est réhydraté à part et ajouté en dernier, jamais au contact du sel sec.
Boyau perméable, naturel ou collagène. Sans air : une bulle interne est un foyer de moisissure verte.
22 – 24 °C à 90 – 92 % d’humidité, 48 à 72 h, jusqu’à un pH inférieur à 5,3. C’est la phase critique.
Descendre à 12 – 15 °C et abaisser l’humidité par paliers : 85 % → 80 % → 75 %. Jamais d’un coup.
De 21 à 90 jours selon le calibre, jusqu’à perdre 30 à 40 % du poids initial.
| Point de contrôle | Valeur |
|---|---|
| pH en fin de fermentation | < 5,3 |
| Activité de l’eau (aw) cible | < 0,90 |
| Perte totale | 30 – 40 % du poids poussé |
| Température de fermentation | 22 – 24 °C |
| Température de séchage | 12 – 15 °C |
| Affinage selon calibre | 21 jours (40 mm) à 90 jours (90 mm) |
La moitié du métier consiste à lire le défaut. Voici ceux qui reviennent toujours.
| Ce que l’on voit | Ce qui l’a causé |
|---|---|
| Croûtage (case hardening) | L’humidité a été baissée trop vite : la surface a scellé et l’intérieur est resté humide. Le défaut le plus fréquent, et sans remède. |
| Le pH ne descend pas | Pas assez de dextrose, ferment tué au contact du sel sec, ou local trop froid. |
| Moisissure verte ou noire | Humidité excessive et air stagnant. Le Penicillium nalgiovense blanc, lui, est recherché et protecteur. |
| Gras étalé et salami qui ne sèche pas | Gras trop tiède au hachage. Les canaux d’évacuation de l’eau sont bouchés. |
Oui, selon la flore naturelle de la viande, et c’est ainsi qu’on a fait pendant des siècles. Mais c’est une loterie : si l’acidification tarde, des pathogènes comme Staphylococcus aureus disposent d’une fenêtre. À l’échelle industrielle, le ferment dirigé n’est pas un luxe, c’est la maîtrise du risque.
Parce que la perte, c’est le produit : perdre 35 % d’eau est ce qui amène l’aw sous 0,90 et rend le salami stable sans réfrigération. Un salami qui n’a perdu que 15 % n’est pas un salami jeune, c’est de la viande crue dangereuse.
Alors il n’y a pas de produits secs. L’air sec provoque le croûtage et l’air humide la moisissure et la putréfaction. Avant d’acheter un poussoir, on achète le contrôle d’humidité.
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